Prescription : les recos pour ralentir
Hello tout le monde,
Merci pour vos retours nombreux et enthousiastes suite au premier MOOD (qu’il n’est d’ailleurs pas trop tard pour lire pour une meilleure compréhension de ce qui va suivre- attention, simplement l’ouvrir dans un onglet, ça compte pour du beurre).
C’était long. C’était bon.
C’était la première newsletter, dont voici ce qu’on pourrait qualifier de seconde partie.
Des recommandations en toute subjectivité à vivre, lire, regarder, écouter - pour s’autoriser à ralentir de façon plus concrète (CQFD). Parce que c’est joli d’en discuter, mais c’est encore mieux de le faire !
Et pendant que vous faites tout ça, je ne ferai rien (à part préparer le prochain MOOD), puisque c’est le mot d’ordre. J’ai même trouvé un collectif de potes pour m’y aider : le “Lazy Women” Club. Elles lancent une Lazy Revolution* pour anéantir par la sororité les injonctions autour de la féminité et de la culture de la productivité toxique. On dirait bien que le règne de la girlboss est terminée 🤭 Et en cette Saint Valentin, qui célèbre l’amour amoureux, et si possible sous forme de couple exclusif hétérosexuel, je préfère faire une dédicace à toutes mes amies, des meufs sûres, toutes les femmes qui sont dans ma vie et/ou celles qui m’inspirent - peut-être pas des girlbosses mais des girls qui sont les boss de leur vie 💖
Certain.e.s m’ont dit ne pas avoir reçu le mail de la première newsletter après inscription, alors qu’il était dans les spams ou l’onglet notifications - sortez moi de là !
*Révolution paresseuse
J’ai écrit le texte de la newsletter #1 au rythme de Limportanceduvide de Jacques. En plus, comme un fait exprès, Jacques a ressorti dimanche dernier 4 des titres de l’album en version 2.0. Il se peut qu’il vous souffle en boucle(s) dans l’oreille, comme à moi, que vous avez “trop d’onglets ouverts” dans la tête ; et dans mon cas, c’était pas faux. Des paroles simples, qui créent pourtant des ricochets philosophiques à l’intérieur de nous pour délivrer un message clair : l’importance du temps d’arrêt, du rien. Les titres sont d’ailleurs nés pendant une longue pause passée au Maroc. Dans une société du plein qui remplit chaque interstice, on frotte fort sur la lampe du génie de Jacques qui vient nous sonner sa comptine : “On valorise la croissance, la richesse, la créativité, le phallus, etc. Alors que l’absence, le manque et le rien sont toujours perçus négativement. Il faut au contraire se souvenir de l’importance du vide.”. À peine monomaniaque, j’ai concrétisé cette obsession musicale en live à la Gaîté Lyrique en janvier. Jacques y inaugurait Vidéochose, nouvelle expérimentation musicale et visuelle ; on est littéralement immergés dans la culture internet, entourés de courts extraits vidéos. Toujours le même constat : le son de Jacques a cette capacité à créer l’instant, le suspendre, pour y rester longtemps - très longtemps ; on se laisse porter pour étirer les minutes.
> Vidéochose, encore quelques dates, dans quelques villes, et bientôt à la conquête du monde. En attendant, pour explorer le vide, et capter que le verre est bien rempli de rien, pensez à mettre vos écouteurs.
Eux aussi considèrent le public comme partie prenante du spectacle : La Compagnie du Libre Acteur. Le libre acteur, c’est une vision sensitive du jeu, qui se couple dans Ce qu’il faudra laisser aux anges à une sensible vision de nos travers humains. Là où la pop métaphysique de Jacques aborde le détail du quotidien, Sébastien Bonnabel, metteur en scène, et Laura Léonie, autrice, en évoquent le subtile des sentiments. Si je parlais précédemment du “plancher émotionnel” présent dans nos conversations, il est clair que la troupe présente sur les planches en soulève brillamment la latte. En voyeuse, j’ai assisté à une succession de fragments de vies sous forme de différents tableaux qui se succèdent. J’ai été touchée par le jeu, l’ingéniosité sobre de la mise en scène, et l’intention derrière l’écriture, tour à tour drôle, désarmante et attendrissante. Chuchotée pendant le spectacle, la simplicité de la citation suivante fera forcément écho aux réflexions temporelles dans la news précédente : “Vous ne savez pas la valeur de ces moments. La beauté fragile de tous ces minuscules tressaillements qui émaillent vos vies et les façonnent. Pendant une seconde quelque chose se suspend. (...) Dans le chaos lumineux de vos vies, ne négligez jamais l’insignifiant. L’air froid dans vos poumons, le premier baiser, le sucre sur les brioches, cette chanson apprise par coeur, le bruit de l’orage, le goût d’un vieux rhum, votre mère appelant votre nom (...). Ces fragments ne sont pas des détails, ils sont l’essence même de vos vies.”
> Pour replacer l’émotion au cœur de la création : ça se passe tous les dimanches au Théâtre Lepic, niché en haut de la butte Montmartre, à Paris.
. |
. |
. |
. |
...